L’année 2019 restera dans les mémoires des créateurs de contenu comme un tournant pour les calendriers de l’avent digitaux. Entre blogueuses beauté, passionnées de couture et jeunes mamans partageant leur quotidien, la période de fin d’année a vu fleurir des formats toujours plus créatifs. Retour sur une saison qui a posé les bases de ce qui allait devenir, quelques années plus tard, un véritable phénomène de marketing digital.
L’info en bref
- L’année 2019 a marqué un tournant décisif pour les calendriers de l’avent digitaux, devenant un levier majeur du marketing d’influence.
- La production de contenus s’est diversifiée bien au-delà de la beauté, incluant la couture, la maternité, le tourisme et les recettes.
- La création de ces calendriers représentait un défi organisationnel intense pour les blogueuses, exigeant de maintenir une qualité constante sur 24 jours.
- Les communautés ont fortement plébiscité ces formats interactifs sur les réseaux sociaux, favorisant un engagement quotidien important.
- La structuration des partenariats avec les marques a commencé à se professionnaliser dès 2019, malgré des modalités de rémunération encore variables.
- Le succès des calendriers 2019 a préfiguré l’explosion du marché actuel, où l’offre pour adultes domine désormais largement le secteur.
- Les créateurs ont tiré des leçons de cette période pour orienter leurs stratégies futures vers des contenus plus authentiques et moins systématiquement sponsorisés.
Les formats qui ont marqué la saison 2019
Sur les blogs spécialisés en beauté, la catégorie consacrée au visage comptait déjà 156 articles, preuve d’un engouement constant pour les soins et le maquillage. Les rubriques dédiées aux ongles et au corps affichaient chacune 78 publications, tandis que le maquillage à proprement parler totalisait 65 articles. Les soins sous la douche et les cheveux complétaient ce panorama avec respectivement 61 et 36 contenus. Cette richesse thématique a permis aux créatrices de décliner leurs calendriers de l’avent sous des angles très variés, allant du tutoriel maquillage quotidien à la découverte de nouveaux produits capillaires. Ce foisonnement éditorial, où l on croise aussi bien des marques de beauté que des astuces de couture, illustre bien la diversité des attentes du public en cette fin d’année 2019.
La diversité des contenus proposés par les créateurs
Au-delà de la beauté, d’autres univers se sont invités dans les calendriers numériques. La couture et le crochet, avec 27 articles recensés, ont trouvé leur public parmi les amatrices de créations artisanales. Les tutoriels, au nombre de sept, ont particulièrement séduit celles qui souhaitaient reproduire chez elles des accessoires vus en ligne. Les créations comme les sacs à main, au nombre de six, les porte-clés tout aussi nombreux, ou encore les pochettes et trousses ont donné lieu à de véritables mini-collections dévoilées jour après jour. La catégorie vie de maman, avec 83 articles consacrés à la maternité et 69 autres relatant le quotidien maternel, a également nourri des calendriers plus intimistes, mêlant conseils pratiques et anecdotes personnelles.

L’engagement des communautés autour des calendriers numériques
Les communautés se sont montrées particulièrement réceptives à ces initiatives, notamment sur les réseaux sociaux comme Instagram, où chaque case ouverte donnait lieu à des commentaires enthousiastes. Les rubriques inclassables, fortes de 100 articles, ont aussi permis d’expérimenter des formats hybrides mêlant lifestyle et découvertes. Le tourisme, avec 81 publications, ou encore les lectures et recettes, ont enrichi cette dynamique en proposant des calendriers thématiques originaux, loin des standards habituels de la beauté ou du jouet.
Retours d’expérience des créateurs sur leurs calendriers de l’avent
Les créatrices interrogées à l’époque évoquaient un exercice à la fois stimulant et chronophage. Certaines rappelaient que les calendriers de l’avent sont une tradition qui remonte au XIXe siècle, initialement pensée comme une célébration religieuse avant de devenir, au fil des décennies, un phénomène résolument commercial. C’est dans ce contexte que plusieurs créatrices ont partagé leur expérience, l’une d’elles confiant même que ce projet est un véritable défi de créativité et d’organisation, une phrase qui résume bien l’état d’esprit de nombreuses blogueuses cette année-là.
Les chiffres de participation et d’audience enregistrés
Si les statistiques précises de 2019 restent parcellaires, les tendances observées depuis confirment l’ampleur du phénomène. Entre 2021 et 2022, les ventes de calendriers de l’avent ont par exemple augmenté de 50 %, un chiffre qui témoigne de l’accélération d’une dynamique déjà amorcée quelques années plus tôt. Les marques historiques comme Clarins, dont le calendrier était proposé à 120 euros avant une promotion à 84 euros, ou The Body Shop avec ses trois versions allant de 50 à 130 euros, avaient déjà posé les jalons d’un marché en pleine expansion. Ces prix, jugés parfois élevés, n’ont pourtant pas freiné l’enthousiasme des consommatrices, bien au contraire.

Les difficultés rencontrées lors de la conception
La conception d’un calendrier de l’avent ne s’improvise pas. Les créatrices devaient jongler entre la recherche de partenariats, la production de contenus originaux et le respect d’un calendrier de publication strict. Beaucoup évoquaient la difficulté de maintenir une qualité constante sur 24 jours consécutifs, sans jamais tomber dans la répétition. Les collaborations avec des marques, notamment via l’envoi de produits gratuits aux influenceurs, commençaient déjà à se structurer, bien que les cachets et modalités restassent encore très variables selon la taille de l’audience.
Les tendances et leçons à retenir pour les prochaines éditions
Fort de cette première expérience collective, le secteur allait rapidement évoluer vers des formats plus sophistiqués. Le marché des calendriers de l’avent pour adultes dépasse aujourd’hui celui destiné aux enfants, une inversion de tendance qui trouve ses racines dans ces années charnières. Des marques comme Dior proposent désormais des coffrets à 2 900 euros, tandis que L’Oréal mise sur l’accessibilité avec un calendrier vendu 89,99 euros pour une valeur réelle annoncée de 256 euros.

Ce que les créateurs prévoient de modifier en 2020
Les créateurs de contenu, forts des enseignements tirés de 2019, envisageaient déjà d’affiner leur approche. Certains souhaitaient davantage collaborer avec des marques de beauté reconnues, d’autres préféraient se tourner vers des contenus plus authentiques, moins sponsorisés. L’essor du contenu généré par utilisateurs allait d’ailleurs bouleverser la donne dans les années suivantes, cet UGC spontané, non rémunéré et sans contact direct avec la marque, étant perçu comme nettement plus authentique par les communautés. Les influenceurs eux-mêmes affichaient une préférence marquée pour les collaborations avec des marques disposant d’une audience comprise entre 100 000 et 500 000 abonnés, un segment jugé plus engageant.
L’évolution des attentes du public face aux calendriers digitaux
Le public, lui, est devenu de plus en plus exigeant. Les calendriers de l’avent, dont le prix oscille généralement entre 40 et 500 euros, doivent désormais justifier leur valeur par un packaging premium et des offres promotionnelles attractives. De nouveaux formats ont depuis émergé, comme ces calendriers dits de l’après, comptant entre 6 et 12 cases, même si leur succès reste encore incertain. Des agences spécialisées, à l’image d’Avicom, agence de communication 360° basée à Lyon, accompagnent désormais les marques dans cette stratégie marketing complexe, où TikTok et Instagram jouent un rôle central. Même des univers inattendus se sont invités dans la danse, avec des calendriers pour animaux de compagnie ou des coffrets de jouets Lego plébiscités par les adultes, sans oublier ces révélations qui font le buzz, comme lorsqu’un influenceur a dévoilé en octobre 2024 le contenu d’un calendrier Netflix directement sur les réseaux sociaux, preuve que l’attente autour de ces objets ne faiblit pas.

